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La Révolte / Vieux Ménages de Villiers de l’Isle-Adam et Octave Mirbea

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Ces deux pièces s’inscrivent dans un regard critique du couple bourgeois au XIX ème siècle, avènement de l’industrialisation et du capitalisme.

Dans la première pièce, « La Révolte« , de Villiers de l’Isle-Adam, nous sommes chez des banquiers. L’homme, autoritaire, nourri de principes et tout entier voué au profit, se félicite d’avoir fait de sa femme un petit modèle de machine à calculer et une poupée pleine de vertus. Mais voilà que celle-ci, sans qu’on s’y attende, dans une fulgurante prise de conscience, dresse un terrible constat d’échec, fait ses comptes, dépose son bilan et annonce à son mari qu’elle s’en va, qu’elle veut rompre avec cette vie fondée exclusivement sur la réussite sociale ,et les lois du matérialisme. Les rappels au devoir de mère ne pourront rien changer. Ce n’est pas non plus le désir d’une aventure qui la pousse à une telle détermination.

Alors quoi ? Vivre seule ? Mais où ? Qu’importe ! Elle a tout prévu, un fiacre l’attend, au beau milieu de la nuit , elle disparaît…

La pièce a été représentée en 1870. Elle a été retirée de l’affiche après 5 représentations parce qu’elle faisait offense à la morale bourgeoise. En effet, s’y dessine déjà, à travers son titre et sa fable sociale, tout un contexte politique qui aboutira aux événements de la Commune.
Evocation en chanson de la Commune de Paris.

La seconde pièce,  » Vieux ménages « , d’Octave Mirbeau, n’aurait aucun lien avec la précédente, sinon que l’on pourrait imaginer le même couple, vingt-cinq ans plus tard, à l’heure de la retraite. Elle, malade, bouffie et percluse de rhumatismes, acariâtre et tyrannique, mène son petit monde à la baguette.
Lui, svelte et encore bel homme, amateur de bonne chair et de cigares, bien qu’il s’en défende, est encore capable de « tirer sur tout ce qui bouge ». D’ailleurs des bruits courent qu’il aurait été vu en compagnie de jeunes femmes peu respectables, des « pierreuses ».
Jalouse, ayant peur de perdre son mari, mais surtout craignant le scandale qui pourrait affecter la respectabilité et l’honneur de la famille, elle serait prête à le pousser dans les bras de leur jolie voisine, jeune femme divorcée mais discrète et dont la condition sociale est sans reproche.
Cette pièce fut jouée pour la première fois en 1894, année de l’attentat d’Emile Henry et de l’assassinat de Sadi Carnot par Caserio. Le portrait féroce qu’Octave Mirbeau y dresse sur les comportements de la société bourgeoise, nous rappelle ses sympathies pour les idées anarchistes.



 


 

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DISTRIBUTION
Avec : Catherine Toussaint , Emmanuelle Barbier , François Cancelli .
Mise en scène : Jean-Luc Debattice
Scénographie : William Noblet
Musique : Nathalie Fortin
Costumes : Aurélie Ducuing
Lumières : Matthieu Velut
Masques : Pascale Blaison


PRODUCTION :
Espace Jean Vilar à Revin (08) Avec le soutien de la D.R.A.C et la Région Champagne – Ardenne, la ville de Revin et la ville de Troyes.

Publié dans archives spectacles