Et les poissons partirent combattre les hommes d’Angélica LIDDELL

« L’apothéose de la bourgeoisie est de ne pas reconnaître la mélancolie chez le reste des hommes. 
Quelle est la mélancolie du noyé ?
 Je descends dans le cul d’un requin pour le savoir.»

Il y a des textes qui vous laissent sans voix.
Vous les prenez sur la tête comme un coup de massue.
Celui d’Angélica Liddell « Et les poissons partirent combattre les hommes » en est un.
Ici, pas de sentimentalisme, pas d’apitoiements douteux, pas de bienséance d’usage.
Le théâtre d’Angélica Liddell s’appuierait plutôt sur un mode de radicalité, de frontalité immédiate.
L’auteur s’adresse directement à l’ homme politique.
Disons qu’une femme qui possède et utilise le langage s’adresse à un homme qui possède et manie le même langage.
D’égale à égal.
De femme civilisée à homme civilisé, et puisque la civilisation impose le masque, d’individu masqué à individu masqué.
Jeu de travestissement autorisant l’auteur à la transgression, au cri, à la colère, à l’indignation.
Pour dire quoi ? Pour évoquer quoi ?
L’indicible. L’inénarrable.
Raccourci stupéfiant d’un fait divers.
Quelques naufragés clandestins tombés d’une barque, quelque part entre le Maroc et l’Espagne.
Rien du tout.
Fait divers maintes fois répété , ce n’est déjà plus une tragédie.
Une réalité qui finit par devenir banale.
Imaginer un miracle pour la transcender.
Un miracle digne de la multiplication des pains et des poissons.
Un miracle qui remettrait tout en question.
Qui ferait tomber les masques.
Qui emporterait tout sur son passage.
Le paternalisme douteux du discours de Dakar .
Les perspectives enjouées du projet d’Union pour la Méditerranée.
L’impressionnant barrage de lois, de directives et de moyens technologiques que l’Europe déploie contre les flux migratoires.
Un miracle qui ratisserait tout, tel un cyclone.
Qui nous ramènerait au désert.
Au commencement.
A l’origine.
A l’homme–poisson.



Télécharger le dossier



DISTRIBUTION
Mise en scene : Catherine Toussaint
Scenographie : Marguerite Rousseau
Chorégraphie : Massimo Biacchi
Musique : Uriel Barthélémi
Costumes : Gingolph Gateau
Maquillages : Nathy Polak
Lumieres : Daniel Linard
Avec : Elena Lloria Abascal, Joël Lokossou, François Cancelli, Massimo Biacchi


PRODUCTION
Scène conventionnée « La Salamandre » / Vitry-le-François, Espace Jean Vilar / Revin, La Strada Cie. Avec le soutien de la Région Champagne-Ardenne, la DRAC Champagne -Ardenne, la ville de Troyes, la ville de Revin, le Conseil général de l’Aube, le Conseil général des Ardennes

 
Menu